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Anatomie de la typographie : les parties essentielles d'un caractère.

Une lettre est un système : chaque courbe, chaque trait, chaque espace a un nom et une fonction. Parcourez les 43 termes qui structurent le vocabulaire de l'anatomie typographique.

Termes
43
Lecture
12 min
Thème
Typographie

Lignes de référence

Illustration du terme typographique : Hauteur d'x
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Hauteur d'x.

La hauteur d'x correspond à la hauteur des caractères minuscules dépourvus d'ascendantes ni de descendantes, mesurée sur la lettre « x ». C'est l'un des paramètres les plus déterminants pour la lisibilité d'une police : plus la hauteur d'x est élevée, plus les lettres minuscules paraissent grandes et lisibles à corps réduit.

Les polices à forte hauteur d'x sont généralement préférées pour le corps de texte à l'écran.

Illustration du terme typographique : Ligne de base
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Ligne de base.

La ligne de base est la ligne invisible sur laquelle reposent tous les glyphes d'une police. Les caractères de forme arrondie (O, C, Q) débordent légèrement en dessous pour compenser l'illusion optique qui les ferait paraître plus petits.

Certaines polices script ou d'inspiration calligraphique jouent délibérément sur l'alignement à la ligne de base pour créer un effet manuscrit.

Illustration du terme typographique : Hauteur d'ascendante
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Hauteur d'ascendante.

La hauteur d'ascendante est la ligne horizontale imaginaire passant par le sommet des ascendantes d'une police. Elle est souvent légèrement supérieure à la hauteur des capitales.

Le rapport entre la hauteur d'x et la hauteur d'ascendante est un trait distinctif fort : les garaldes comme le Garamond présentent typiquement de longues ascendantes associées à une faible hauteur d'x, ce qui leur confère une élégance classique.

Illustration du terme typographique : Hauteur de capitale
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Hauteur de capitale.

La hauteur de capitale est la ligne imaginaire passant par l'extrémité supérieure des lettres capitales. Elle est généralement légèrement inférieure à la hauteur des ascendantes, ce décalage contribuant à l'équilibre visuel d'une ligne de texte mixte.

Cette variation n'étant pas universelle, elle n'est pas retenue comme critère de classification.

Illustration du terme typographique : Corps
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Corps.

Le corps désigne la dimension en points d'une fonte ou d'une police de caractères. Il correspond à l'espace occupé par les glyphes en hauteur, hérité de l'époque du plomb fondu où il désignait littéralement la hauteur du lingot de métal.

En numérique, le corps définit la taille visible d'un caractère, mais deux polices de même corps peuvent paraître de tailles très différentes selon leur hauteur d'x.

Traits et fûts

Illustration du terme typographique : Fût
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Fût.

Le fût est le trait vertical principal d'un glyphe. Il est parfois nommé « haste », « hampe » ou « montant ». Les fûts constituent généralement les traits les plus épais d'un caractère.

Dans les lettres A ou V capital, les traits obliques principaux sont également considérés comme des fûts.

Illustration du terme typographique : Bras
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Bras.

Le bras est un trait horizontal ou diagonal partant d'un fût vertical, comme sur le E, le K ou le Y.

Sur le E capital, la longueur relative du bras central permet de distinguer des familles typographiques : dans les Humanes et les Garaldes il est relativement long, alors qu'il est plus court dans les Réales et les Didones.

Illustration du terme typographique : Traverse
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Traverse.

La traverse est le trait horizontal reliant deux fûts verticaux, notamment dans le H. Elle est le plus souvent proche de la ligne médiane, au niveau du bras central du E, mais peut être légèrement rehaussée pour améliorer l'équilibre visuel.

Les caractères dont la moitié inférieure est plus grande paraissent mieux ancrés sur la ligne de base.

Illustration du terme typographique : Barre
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Barre.

La barre est le trait horizontal, généralement asymétrique, qui traverse le fût de certaines lettres minuscules comme le f et le t. Dans les polices Humanes, Garaldes et Réales, elle se termine à gauche par un petit empattement diagonal, vestige de la calligraphie.

Ce détail distinctif disparaît dans les Didones et les polices sans empattement.

Illustration du terme typographique : Trait
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Trait.

Le terme trait désigne tout élément droit ou courbé d'un glyphe qui n'est ni rigoureusement vertical (fût) ni rigoureusement horizontal (traverse).

La comparaison des épaisseurs, du trait le plus fin au trait le plus épais, donne une indication immédiate du contraste d'une police. Un fort contraste caractérise les Didones ; un contraste faible, les linéales géométriques.

Illustration du terme typographique : Jambe
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Jambe.

La jambe est un trait descendant, souvent diagonal, qui compose la partie inférieure de certains caractères comme le K et le R.

Certaines polices, notamment le Bembo, présentent des jambes de R particulièrement longues pouvant empiéter sur le caractère adjacent. Des variantes à jambe courte existent dans ces polices pour y remédier.

Illustration du terme typographique : Taille
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Taille.

La taille désigne la jonction des panses d'un B capital. Par souci d'équilibre visuel, elle est placée légèrement au-dessus du centre vertical du caractère, ce qui équilibre optiquement les deux panses.

Elle influe directement sur la lisibilité et la largeur perçue du caractère.

Courbes et espaces

Illustration du terme typographique : Panse
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Panse.

La panse est la courbe fermée ou semi-fermée d'une lettre, comme dans le a minuscule ou le B capital. Elle peut être totalement fermée (reliée au fût) ou partiellement ouverte, comme sur le P en Garamond.

La taille et la forme de la panse influent considérablement sur la lisibilité : des panses trop petites risquent de se boucher en petits corps. Les polices à panses généreuses, comme le Times New Roman, sont généralement plus lisibles en texte continu.

Illustration du terme typographique : Épaule
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Épaule.

L'épaule est le trait incurvé partant d'un fût pour rejoindre un autre fût ou former la partie supérieure d'une jambe, comme dans le h, m ou n minuscule.

Même dans les polices sans empattement, l'épaule est toujours légèrement plus fine à la jonction avec le fût pour éviter l'accumulation d'encre (le « piège à encre ») qui nuirait à la lisibilité.

Illustration du terme typographique : Boucle
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Boucle.

La boucle est la contreforme inférieure du g binoculaire, celle qui descend sous la ligne de base et se referme partiellement. Elle est reliée à la panse supérieure par un délié de jonction.

Certaines polices présentent une boucle ouverte, comme le Baskerville, ce qui constitue un trait distinctif fort de leur dessin.

Illustration du terme typographique : Lobe
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Lobe.

Le lobe désigne les panses supérieure et inférieure d'un B capital. Pour des raisons d'équilibre optique, le lobe inférieur est presque toujours plus grand que le lobe supérieur : l'inverse donnerait l'impression que le caractère est renversé.

Ce principe s'applique également au S et à d'autres lettres composées de courbes opposées.

Illustration du terme typographique : Spine
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Spine.

La spine (ou colonne vertébrale) est le trait incurvé qui forme la partie centrale du S, aussi bien en capitale qu'en minuscule. Sa courbure varie d'une police à l'autre : elle peut paraître aplatie dans les polices à chasse large comme l'Univers ou l'Helvetica.

Dans les polices à fort contraste, la partie centrale de la spine est généralement le trait le plus épais de la lettre.

Illustration du terme typographique : Contreforme fermée
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Contreforme fermée.

La contreforme fermée est l'espace blanc totalement enclos à l'intérieur de certains caractères : A, B, D, G, O, P, Q. Les polices à contreformes généreuses tendent à avoir une hauteur d'x importante, ce qui améliore la lisibilité à petits corps.

La taille et la forme des contreformes fermées sont déterminantes dans l'identification d'une famille typographique.

Illustration du terme typographique : Contreforme ouverte
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Contreforme ouverte.

La contreforme ouverte est l'espace blanc partiellement enclos dans des caractères comme le H, M, N, S, U, V, Y ou Z. Une contreforme ouverte n'est pas nécessairement de forme arrondie.

Elle contribue à la lisibilité en distinguant visuellement les lettres, notamment dans les contextes d'affichage à petite taille.

Illustration du terme typographique : Contrepoinçon du e
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Contrepoinçon du e.

Le contrepoinçon du e désigne l'espace blanc enclos à l'intérieur de la panse du e minuscule. Techniquement, il s'agit d'une contreforme fermée.

Sa taille et sa forme influent directement sur la lisibilité : un contrepoinçon trop petit se bouche en petits corps ou en conditions d'impression difficiles.

Illustration du terme typographique : Ouverture
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Ouverture.

L'ouverture désigne l'espace entre les extrémités d'un trait dans un caractère à contreforme ouverte, comme le C, le G ou le S.

Des ouvertures larges favorisent la lisibilité, notamment en petits corps ou en conditions d'impression difficiles, car elles réduisent le risque que deux caractères adjacents se confondent visuellement.

Extrémités et terminaisons

Illustration du terme typographique : Pointe supérieure
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Pointe supérieure.

La pointe supérieure désigne le sommet triangulaire formé par la jonction de deux traits obliques dont l'angle est inférieur à 90°, comme au sommet du A ou du W.

La largeur de la pointe est généralement déterminée par l'épaisseur du trait le plus fin du caractère.

Illustration du terme typographique : Pointe inférieure
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Pointe inférieure.

La pointe inférieure désigne la jonction vers le bas de deux traits obliques formant un angle inférieur à 90°, comme à la base du V ou du W. Sa largeur est déterminée par l'épaisseur du trait le plus fin ou le plus fort selon la police.

Plus la pointe est effilée, plus le dépassement sous la ligne de base risque d'être prononcé.

Illustration du terme typographique : Dépassement
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Dépassement.

Le dépassement désigne la partie d'une pointe située sous la ligne de base, conçue pour créer un effet d'optique compensatoire ancrant visuellement le caractère. Difficile à percevoir en petits corps, il devient perturbant pour l'harmonie du texte lorsque le corps est très élevé.

Illustration du terme typographique : Angle interne
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Angle interne.

L'angle interne est l'espace formé à la jonction de deux traits ou à la rencontre d'un fût et d'une crosse. Il peut être aigu, droit ou obtus selon le caractère.

Pour les polices à chasse condensée, les concepteurs réduisent le contraste entre pleins et déliés afin d'éviter des pointes trop acérées ou des espaces internes trop serrés.

Illustration du terme typographique : Terminaison
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Terminaison.

La terminaison est l'extrémité d'un fût ou d'un trait. Sa forme varie considérablement selon les polices : on distingue les terminaisons en empattement (serif), en sortie effilée, en goutte ou en bille.

C'est l'un des éléments les plus déterminants dans la reconnaissance d'une famille typographique.

Illustration du terme typographique : Sortie
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Sortie.

La sortie est l'extrémité effilée d'une crosse, d'une traverse ou d'un filet d'entrée. Ce type de terminaison est fréquent dans les polices à empattement dont le contraste est suffisant. Elle n'est pas un trait distinctif fort d'une police.

Le terme qualifie aussi les prolongements décoratifs des lettres ornées.

Illustration du terme typographique : Lettre ornée
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Lettre ornée.

La lettre ornée est un prolongement décoratif du tracé standard d'un trait, fréquent dans les styles italiques et les polices calligraphiques. Elle est destinée à conférer un caractère plus flamboyant à la lettre.

On parle parfois de « sortie » lorsqu'elle se termine par une pointe très effilée. Son usage doit rester mesuré en composition continue.

Illustration du terme typographique : Oreille
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Oreille.

L'oreille est le petit trait situé en haut à droite de la panse supérieure du g binoculaire. Elle se distingue de l'ergot en ce qu'elle est liée à une panse plutôt qu'à un trait.

Elle se situe normalement au niveau de la hauteur d'x et doit être suffisamment courte pour ne pas créer de problèmes d'espacement avec le caractère adjacent.

Illustration du terme typographique : Ergot
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Ergot.

L'ergot est un petit prolongement dépassant le trait auquel il est joint, ou formant une terminaison à l'extrémité d'un crochet. On le rencontre fréquemment dans les polices Humanes comme le Jenson, où il suggère la continuité du tracé calligraphique.

À ne pas confondre avec une oreille, qui est liée à une panse.

Illustration du terme typographique : Éperons
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Éperons.

Les éperons sont de petits prolongements pointus d'un trait ou d'un fût, apparaissant souvent aux terminaisons ou à la jonction entre une boucle et un fût, comme sur le G capital.

Ils sont caractéristiques des polices Garaldes et des Réales. Le Garamond, par exemple, présente des éperons prononcés qui contribuent à son élégance classique.

Illustration du terme typographique : Empattement
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Empattement.

L'empattement (ou serif) est le petit trait prolongeant les extrémités d'un fût, d'un bras ou des ascendantes et descendantes d'un caractère. On distingue principalement trois types : curviligne (Garaldes), triangulaire (Humanistiques) et rectangulaire ou mécane (Égyptiennes).

Les polices sans empattement sont appelées « sans-serif » ou « linéales ».

Illustration du terme typographique : Angle d'empattement
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Angle d'empattement.

L'angle d'empattement désigne la liaison, plus ou moins incurvée, entre un fût et son empattement. C'est le style de cette jointure qui détermine en grande partie le type d'empattement d'une police.

Cet angle est un critère utile pour l'identification des familles : arrondi et progressif dans les Humanes, plus anguleux dans les Didones, droit dans les Mécanes.

Structures complexes

Illustration du terme typographique : Ascendante
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Ascendante.

L'ascendante est la partie d'un fût de lettre minuscule qui s'élève au-dessus de la hauteur d'x, comme dans le b, d, f, h, k ou l. Elle peut également être désignée par le terme générique de « hampe ».

Des ascendantes élevées confèrent à une police une élégance particulière, souvent associée aux styles classiques des XVIe et XVIIe siècles.

Illustration du terme typographique : Descendante
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Descendante.

La descendante est la partie d'un fût de lettre minuscule qui descend sous la ligne de base, comme dans le g, j, p, q ou y. On l'appelle également « hampe ».

Il est conseillé d'éviter les descendantes trop longues lorsque l'interlignage est serré, au risque qu'elles empiètent sur les caractères de la ligne suivante.

Illustration du terme typographique : Crochet inférieur
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Crochet inférieur.

Le crochet inférieur est le prolongement recourbé d'un fût vertical ou horizontal, comme sur le J. Il peut prendre deux formes : étroit et peu prononcé pour rester dans le corps du caractère, ou fortement incurvé vers la gauche pour descendre sous les caractères adjacents.

De nombreuses Didones et Mécanes classiques terminent ce type de trait par une forme en goutte.

Illustration du terme typographique : Crosse
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Crosse.

La crosse est le trait incurvé qui prolonge un fût et s'arrête avant de former une panse fermée, notamment sur le f minuscule et le j. Une crosse sans débordement réduit les problèmes d'espacement mais peut nuire à la lisibilité.

C'est pour cette raison que les ligatures fi et fl sont si fréquentes dans les polices classiques.

Illustration du terme typographique : Délié de jonction
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Délié de jonction.

Le délié de jonction est le trait fin reliant la panse supérieure et la panse inférieure du g binoculaire. Dans les polices à fort contraste, il relie l'extrémité du trait fin à la base du trait épais.

Les Humanes et les Garaldes présentent un délié angulaire, reflet de l'influence calligraphique, tandis que les Réales et les Mécanes classiques l'ont plus construit et élégant.

Illustration du terme typographique : Queue
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Queue.

La queue est le trait situé à la base du Q capital ou à l'extrémité inférieure de la jambe du R. Elle peut également désigner le trait descendant sous la ligne de base des g, j et y minuscules.

La façon dont la queue se relie à la contreforme est caractéristique d'une police. Sur le Clarendon, elle se recourbe vers le haut à l'intérieur de la contreforme avant de s'étendre à droite.

Illustration du terme typographique : Axe
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Axe.

L'axe est la ligne imaginaire indiquant l'angle d'inclinaison d'un caractère, évalué en traçant une droite passant par les points les plus fins d'un o minuscule. Cet angle varie selon les familles typographiques.

Les Humanes et les Garaldes présentent un axe incliné vers l'arrière, reflet de la plume calligraphique. Les Réales et les linéales fonctionnelles ont un axe vertical.

Illustration du terme typographique : Ligature ornementale
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Ligature ornementale.

La ligature ornementale est la fusion arbitraire de deux graphèmes pour créer une combinaison esthétique, conférant un caractère classique ou décoratif à une composition.

À la différence des ligatures fonctionnelles (fi, fl), elle n'a qu'une vocation purement décorative et doit être utilisée avec parcimonie, dans des contextes de titrage ou d'affichage.

Signes et détails

Illustration du terme typographique : Point
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Point.

Le point est le petit signe situé au-dessus du i et du j minuscules. Sa forme varie selon les polices : rond, carré ou en losange. Il est généralement omis lorsqu'un accent diacritique prend sa place, ou lors d'une ligature fi ou fj.

Les points carrés sont habituellement de même largeur que le fût ; les points ronds ou en losange sont souvent plus larges.

Illustration du terme typographique : Diacritique
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Diacritique.

Le diacritique est un signe ajouté à un glyphe pour en modifier la valeur phonétique. Les exemples les plus courants sont l'accent aigu (é), l'accent grave (è), l'accent circonflexe (ê), le tréma (ë) et la cédille (ç).

Lors du choix d'une police, il est essentiel de vérifier qu'elle contient tous les diacritiques nécessaires à la langue du texte, ce n'est pas le cas de toutes les polices.

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